Crée en mars 2016 en réaction aux propos de Jean Pierre Pernaut sur le nombre de jours de congés annuels pour les cheminots, Médias les cheminots voient ROUGE a, en presque trois ans, pris une ampleur à laquelle Romain, l'initiateur, ne s'attendait pas. MLCVR a gagné tant en variété qu'en popularité. Le nombre de cheminots bénévoles qui font vivre MLCVR a presque quadruplé depuis la création, passant de 4 à 14 aujourd'hui. Le champ de réaction de MLCVR s'est élargi et les sollicitations sont nombreuses. L'heure est venue de faire le point sur nos rôles, ou du moins nos vocations, et de les délimiter pour éviter de revivre certains scénarios.

Lundi 17 décembre 2018. Guillaume Pépy annonce à la radio l'attribution d'une prime exceptionnelle allant jusqu'à 400€ sur la base de certains critères. L'annonce a été suivie d'un temps réel envoyé dans les boites mails professionnelles. Avant même cette annonce, des cheminots nous ont interrogé sur l'attribution de la prime exceptionnelle, initiée par le gouvernement, pour les salariés du GPF alors que rien était fait. Les sollicitations ont redoublé d'intensité dés l'annonce effectuée. Nous avons reçu des mails pour nous demander des détails sur la prime dite "exceptionnelle" En milieu de matinée, nous avons décidé de publier le temps réel sur notre page et notre fil Twitter. S'en sont suivies plusieurs journées de questions, d'informations distribuées au compte goutte, de doutes, de contradictions... 

Nous ne l'avons pas caché, nous aurions pu bénéficier rapidement d'informations fiables, de qualité par le biais d'un animateur MLCVR responsable au sein d'un service de ressources humaines. Il était alors en congés et indisponible. Nous avons du faire avec ce que nous avions: des informations par ci par la, données par des lecteurs et followers de MLCVR de temps en temps. Nous avons fait notre maximum pour informer un maximum de cheminots qui s'interrogaient sur la prime exceptionnelle. 

Nous ne blâmons pas les personnes qui nous font confiance et qui se sont tournées vers nous, mais nous avons eu le sentiment d'être face à un besoin absolu d'informations rapides sur la prime dite exceptionnelle alors que les fiches de paie étaient distribuées 3 jours après. Les cheminots se sont tournés vers divers interlocuteurs pas toujours réactifs, que nous ne blâmons pas non plus. OS, services RH... Nous avons été noyés, submergés de mails, de messages privés et de commentaires pour des renseignements sur la prime. 

Avons nous bien fait de donner tant d'informations ? Dire non serait brutal et pas forcément bienveillant pour les personnes qui se sont tournées vers nous. Seulement, ce n'est pas dans nos premiers rôles, même si parmi nos vocations il y'a la solidarité cheminote. Nous avons été dépassés par l'information et par la demande des cheminots. En avons nous trop fait ? Nous avons surtout fait le travail de la direction qui a, encore une fois, fait miroiter monts et merveilles aux cheminots par le biais d'une annonce médiatique et d'un communiqué faussé. La direction aurait du jouer la carte de la transparence et envoyer une communication officielle, détaillée sur l'attribution de la prime. Les services RH étaient eux même démunis d'informations, les gestionnaires paie ont découvert le mode de calcul de la prime en même temps que la saisie des derniers éléments de paie. 

La façon avec laquelle nous avons été amené à traiter cette information et à rassurer les cheminots, à les informer sous couvert de la solidarité cheminote nous fait néanmoins réfléchir et nous amène à revoir notre méthode de communication, sa pertinence et notre investissement, sans pour autant abandonner nos valeurs de base. 

A la base de tout, MLCVR réagit à certaines actualités en les commentant, en disant ce que les médias se gardent bien de dire pour ne pas froisser le gouvernement et la direction, mais surtout pour ne pas montrer la réalité à la population.
En sus, nous réagissons à certains propos d'internautes plus ou moins vindicatifs. Pratique très courante sur Twitter, moins sur Facebook ces derniers temps car plus difficile à suivre. Ces deux premiers points reviennent à condamner les attaques médiatiques (médias au sens large) et politiques contre les cheminots et à rectifier la fausse communication des médias pour rétablir la vérité. Mais si on regarde de plus près, nous avons légèrement tendance à mettre cette vocation de côté.

Dans la continuité, notre vocation est de dénoncer les attaques de la direction. Une action réalisée de concert avec les acteurs syndicaux. Ce qui revient aussi à parler de ce que les médias ne parlent pas pour ne pas froisser la direction, donc le gouvernement, employeur des dirigeants de l'entreprise, et pour ne pas laisser voir le désastre interne qui a inéluctablement des conséquences en externe.
Toujours dans la même continuité, nous soutenons les cheminots victimes, au sens large, de la politique de la direction. Répression, souffrance au travail... Des sujets dont les médias parlent peu toujours dans le but de ne pas montrer la réalité afin de nous faire passer pour des nantis travaillant dans une entreprise enviée pour des conditions de travail tranquilles, idéales et enviées par la France entière. 

La solidarité est une de nos valeurs. Avec le temps, des cheminots, de plus en plus, se sont confiés à nous et continuent de le faire. Mal être, litige avec la direction ou des collègues, questions sur la réglementation... MLCVR est fort de 14 membres animés par l'esprit cheminot. Chacun apporte ses connaissances sur les sujets qu'il maîtrise, ce qui nous permet d'être aptes à répondre à de multiples situations. Nous sommes à peu près tous rodés sur les risques psychosociaux et sur les conséquences du management actuel sur le psychisme des salariés du GPF SNCF et MLCVR comporte un cheminot totalement formé sur les RPS.
Nous notons une recrudescence de sollicitations de cheminots en état de souffrance avancée. Nous sommes, pour eux, une oreille attentive, une source de solutions ou du moins de pistes de solutions pour se sortir de situations parfois terribles. 

Là encore, une question se pose: est-ce qu'on fait de trop ? Si nous disons oui, nous aurons le sentiment de passer pour les salauds de service. Mais il y'a un juste milieu à trouver, et surtout un rappel à faire: nous sommes certes sensibles à la souffrance et nous acceptons être de bons conseils mais nous ne sommes pas psychologues de formation. Nous lisons les mails et comprenons les situations, nous acceptons de donner notre point de vue sans jamais remettre en cause le cheminot mais nous ne pouvons nous substituer au pôle de soutien psychologique, à la médecine du travail ou au service social. Nous rappelons d'ailleurs systématiquement leurs coordonnées et faisons même en sorte, pour le service social, de donner les coordonnées locales.

In fine, nous n'allons pas radicalement changer de comportement mais simplement faire notre maximum pour nous recentrer sur les médias, leur comportement, leurs attaques, leur fâcheuse manière à minimiser le chaos interne. Tout en gardant un esprit solidaire, en recueillant et en conservant les informations que vous nous transmettez et qui nous sont précieuses.

Nous resterons une oreille attentive mais moins psychologique car ce n'est pas notre métier, notre formation et nous ne voulons pas prendre de risques en prononçant des propos qui pourraient involontairement heurter un cheminot en difficultés. Nous continuerons d'aider et d'informer les cheminots mais d'une manière un peu moins expansive et en cessant de faire le travail que la direction ne fournit pas. Nous serons un peu plus laconiques pour ne pas tomber dans une spirale similaire à celle de décembre avec la prime dite "exceptionnelle" qui n'a d'exceptionnel que son annonce.

Enfin, nous vous rappelons que MLCVR (la Team MLCVR) se compose de cheminots qui s'occupent de MLCVR bénévolement, en plus du temps de travail et qui ne souhaitent pas sacrifier leur vie personnelle et leurs loisirs pour MLCVR, même si chacun fait en sorte de donner un maximum de temps pour MLCVR... qui nous demande beaucoup de travail en OFF.